La traite se prépare, et cette vache ne semble pas réjouie par la chose. Ou peut-être appelle-t-elle ses camarades retardataires ?
Le 9 mars 2021, j’ai passé la journée à la ferme de la Louisiane, à Drefféac (Pays de la Loire), pour réaliser une série de photos de communication.
Pendant cette journée, j’ai particulièrement essayé de tirer parti de l’ambiance très particulière de la grande étable, ambiance créée à la fois par le bruit et l’odeur qui règnent mais aussi par la multiplicité des sources de lumière qui offrent un parfait terrain de jeu pour un photographe. Sans doute faut-il ajouter à ça des poussières de paille qui, en flottant dans l’air, diffusent la lumière d’une façon rare et donnent aux photos une texture qui n’est pas sans évoquer celle de certains films argentiques.
C’est en plus là que we passe la majeure partie du travail d’Antoine, propriétaire de l’exploitation, et de Pierre, son salarié, particulièrement en cette fin d’hiver qui voit les petits veaux pointer leur nez : il s’est donc toujours passé quelque chose devant mon objectif, ce qui est toujours agréable et encore plus après un an d’une crise qui m’a obligé à me rabattre sur des photos de sujets moins actifs.
Privilégier la spontanéité
Le fait qu’Antoine et Pierre soient tous les deux des amis m’a également pas mal aidé : même si j’essaie toujours dans ce genre de contrats de privilégier le naturel absolu, il peut être intéressant d’avoir la possibilité de suggérer au sujet de refaire – totalement spontanément bien entendu – ce qu’il vient de faire et qu’on a raté ! Sans compter que bosser avec des amis fait du bien, surtout pour un travailleur indépendant plus habitué à la solitude de son bureau.
Résultat de cette belle journée : une série de photos qui plaisent autant à moi qu’à mes clients. L’idéal, en somme !
Un jeune veau né quelques heures auparavant tête sa mère dans les prés couverts de rosée, alors que le soleil émerge doucement de la brume matinale.
Un jeune veau prend ses marques dans l’étable de la ferme de la Louisiane à Drefféac, Pays de la Loire.
Nettoyage matinal de l’étable par le salarié de l’exploitation, alors que le soleil peine à dissiper le froid de cette journée de fin d’hiver.
Installation d’une cuve dans un pré que l’eau des marais n’a que récemment rendu à l’air libre, en prévision du retour des vaches, dès que les températures nocturnes se stabiliseront.
Les deux filles du propriétaire de la ferme viennent faire la connaissance des veaux nés dans les jours précédents.
Dans l’étable, le propriétaire de la ferme se livre à des tâches parfois mystérieuses pour le néophyte, surtout lorsque celui-ci est éloigné de la scène.
Une vache semble scandalisée par la présence du photographe, alors que ses camarades mangent tranquillement sans s’en préoccuper.
Un rayon de soleil vient frapper la paille fraiche déposée dans le boxe de cette jeune mère et de son nouveau-né.
La traite se prépare, et cette vache ne semble pas réjouie par la chose. Ou peut-être appelle-t-elle ses camarades retardataires ?
L’appel du ventre : ces génisses savent bien que le salarié de la ferme qui vient les voir est chargé de les nourrir ; elles s’approchent donc de lui, impatientes. L’herbe de cette fin d’hiver est encore peu abondante et ne semble pas leur suffire tout-à-fait.
À deux personnes, la traite est un moment assez zen et posé, si bien que cette photo qui donne une sensation d’urgence et d’agitation n’est pas vraiment une bonne photo de reportage, au sens journalistique du terme. Mais je l’aime bien quand même !